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Carte blanche à Paul Bacot (enseignant)

Jeudi, Mars 9, 2017 - 09:26

1917. L’année qui a changé le monde
Un ouvrage de Jean-Christophe Buisson (Perrin, 2016)

A la fois livre d’art et livre d’histoire, album photo et éphéméride, atlas et encyclopédie : l’idée est assurément originale et sa réalisation joliment réussie. L’année 1917 a-t-elle vraiment changé le monde ? Telle est la question posée par ce journaliste et « écrivain d’histoire » (qui n’est pas du tout le fils du Patrick homonyme).

Pour apporter une réponse, sont bien sûr convoqués des événements politiques, militaires et diplomatiques : l’entrée en guerre des Etats-Unis et la Révolution d’Octobre, le gouvernement Clémenceau et l’offensive Nivelle, la Déclaration Balfour et celle de Corfou, ou encore la prise de Jérusalem par Sir Allenby.

Mais sont aussi rappelées des étapes décisives de l’histoire de la médecine, de la littérature, de la peinture, du sport, de la musique, de la sculpture, de la technique, de la religion, du cinéma… Car 1917 voit la naissance du surréalisme, la création du ballet Parade, la première utilisation du gaz moutarde, les apparitions de la Vierge de Fatima, les débuts de la lutte contre le cancer. C’est l’année de La Partie de cartes de Fernand Léger, de La Leçon de musique d’Henri Matisse, de Obscurci de Vassily Kandinsky, des Nymphéas de Claude Monet. C’est aussi celle de la mort d’Auguste Rodin, d’Emile Durkheim et de Buffalo Bill. Celle où Sigmund Freud attend le Nobel qui pourrait le sortir de la misère, mais ne l’obtient pas. Le docteur Destouches est en Afrique où murit le Voyage au bout de la nuit, et pour la première fois, une femme siège à la Chambre des représentants.

On trouve dans l’ouvrage de beaux portraits de Joe le vérolé (plus connu sous le nom de Staline), de Sun Yat-sen, d’Albert Einstein et de Lawrence d’Arabie.

Comment, après avoir parcouru la chronologie, consulté les notices biographiques, étudié les cartes, regardé les photographies, admiré les reproductions d’art, ne pas être convaincu que vraiment, « aucune année ne fut plus décisive dans l’histoire du XXe siècle – et sans doute du monde – que 1917 » ? « Bien plus que 1914 », précise l’auteur, raccourcissant peut-être ainsi de trois années le « court vingtième siècle » d’Eric Hobsbawm. La couverture à elle seule pourrait résumer le propos de l’ouvrage, qui reproduit le « Verdun » de Félix Vallotton.