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Carte blanche à Solenne Chassagne

Mercredi, Octobre 5, 2016 - 11:11

Les Irremplaçables, Cynthia Fleury, éditions Gallimard, collection Blanche, septembre 2015.

 

Les irremplaçables est un essai incontournable pour qui s’intéresse à la société démocratique. Entre psychanalyse et philosophie, Cynthia Fleury plaide ici pour une société de sujets, où la politique ne se contenterait plus « d’être fascinée par l’idole pouvoir ». Une société où l’individu émancipé par la démocratie serait le meilleur rempart pour sa protection. Où l’individuation comme processus d’émancipation, s’opposerait à l’individualisme et la normalisation imposés par la société de consommation.

Pour soutenir son plaidoyer, elle convoque Foucault, Barthes, Nietzsche, Arendt et beaucoup d’autres encore. Décrivant les étapes de l’individuation, elle loue la connaissance de soi, vante le pouvoir créatif de l’imaginaire et souligne l’importance de l’humour dans la quête d’un sens pour le monde qui nous entoure. Les irremplaçables ce sont ceux qui vont « au-devant de leur sujet comme on va au-devant du monde ». Individus conscients, uniques, inextricablement liés aux autres et à la société à laquelle il participe.

Poussant plus loin sa réflexion, elle pose la question de la légitimité d’un pouvoir qui développe toujours plus d’atours autoritaires pour mieux rester en place. A celui-ci, elle oppose l’éducation comme processus qui permettrait le développement d’un sujet conscient et responsable.

J’en entends déjà certains dire que son propos est utopiste. Et alors ? Loin des philosophes cathodiques, Cynthia Fleury nous engage à réfléchir… et n’est-ce pas le propre des humain·e·s ?

Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire : Ca peut pas faire de mal, France Inter, 10 octobre 2015, en réécoute sur :

https://www.franceinter.fr/emissions/ca-peut-pas-faire-de-mal/ca-peut-pas-faire-de-mal-10-octobre-2015