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Carte blanche à Véronique Miapanian

Jeudi, Juin 15, 2017 - 15:36

Carte blanche à Véronique Miapanian

J’aime Lyon et le cinéma, c’est donc tout naturellement que je recommande la toute nouvelle exposition du Musée des Confluences : « Lumière ! Le cinéma inventé ».
Paris et Bologne en ont bénéficié avant nous, voilà qu’elle nous arrive enfin !

Dans un premier temps, je voudrais resituer l’Institut Lumière, lieu emblématique du cinéma à Lyon. Il est en effet pour moi à la fois un lieu mythique où vous pouvez voir un film dans d’excellentes conditions, assis dans le confortable fauteuil d’un metteur en scène (chaque fauteuil porte le nom d’un réalisateur) sans être dérangé par des spectateurs-consommateurs qui dévorent bruyamment leur popcorn. Le lieu, aussi appelé « le Hangar du Premier Film » a donc servi de décor pour le tout premier film réalisé par Louis Lumière, « La Sortie de l'usine Lumière à Lyon » en 1895.

Mais revenons-en à mon coup de cœur car la toute nouvelle exposition du Musée des Confluences vaut le détour. Elle est organisée dans ce lieu à l’architecture incroyable que l’on surnomme aussi « Le nuage ». En fait, j’ai eu la chance d’être invitée à l’inauguration de cette exposition, lundi soir 12 juin, et la magie du lieu a opéré : elle a effacé la fatigue de la journée, j’ai passé un excellent moment à déambuler dans cet espace original et frais.
D’ailleurs, avec ce « Nuage » comme écrin, je trouve que l’univers des frères Lumière prend toute sa dimension. La qualité de l’exposition balaie les a priori que l’on pourrait avoir pour la période concernée (de la fin du 19e au début du 20e siècle), comme la considérer vieillotte et poussiéreuse. 
Au contraire, la très jolie mise en scène du parcours met les machines ancêtres du cinéma et les différents accessoires à l’honneur. On peut y voir la maquette de l’usine industrielle des frères Lumière dans sa totalité (quartier de Monplaisir).
Plus loin, j’ai été éblouie par la beauté des « Autochromes », ces toutes premières photos en couleur dont le brevet a été déposé en 1903 (il aura d’ailleurs fallu sept années de labeur pour parvenir à la fabrication industrielle du procédé).

Ces photos nous plongent dans l’intimité de la famille Lumière. Je mesure mieux l’étendue des innovations des frères Lumière. On ne le sait pas forcément mais ils ont été des pionniers, des inventeurs dans bien des domaines, que ce soit l’optique, l’image animée, la mécanique ou la chimie. Vous verrez d’ailleurs les preuves de la multitude de brevets qu’ils ont déposés jadis. En suivant le parcours, le visiteur plonge peu à peu dans un décor d’un autre temps : j’ai tout d’abord apprécié les premières boîtes à images animées (on fait tourner un dispositif pour voir les petits dessins prendre vie). Il y a aussi les cartes postales polychromes étonnantes : l’image peut changer soudainement pour une autre.

Bref, le visiteur découvre petit à petit tout cet étrange univers et ces machines mystérieuses. On se croirait presque dans un roman d’H. G. Wells et je verrai bien les frères Lumière affairés sur « La machine à remonter le temps ». Puis le parcours vous emmène progressivement vers une grande salle, sorte de carrefour qui regroupe les principales réussites en matière d’innovation : Le « café indien », cette salle est une reconstitution de la salle d’époque du Grand Café où l’on a organisé la toute première séance publique de cinéma. On peut imaginer alors la trentaine de spectateurs présents découvrir pour la première fois les images sur grand écran. J’ai pu moi-même m’installer dans cette salle pour y regarder le film de « L’entrée en gare du train de La Ciotat » où les spectateurs étaient jadis terrifiés parce qu’ils croyaient que le train allait leur foncer dessus ! En fait, à cette époque, on a non seulement tourné des films sur place à Lyon mais on a envoyé des réalisateurs-explorateurs aux quatre coins du monde pour promouvoir le cinématographe et aussi ramener des films étrangers dont on peut voir des extraits.

Il y a d’autres surprises comme le « Panorama 360° » qui est un écran surprenant et innovateur pour l’époque. Pour finir, je conseille de voir le film documentaire de l’acteur-réalisateur Keanu Reeves, qui interroge de nombreux réalisateurs sur l’avenir du cinéma face au numérique.

Mais je ne veux pas tout dévoiler, et je vous invite à venir découvrir par vous-même !