portrait de diplôméeBlandine Lavignon
Rencontre avec Blandine Lavignon, diplômée 2022
Spécialité de 5e année : Journalisme, data et investigation
Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?
J’ai suivi des études de science politique en licence, et j’ai réalisé une année d’échange universitaire à Beyrouth, au Liban lors de laquelle j’ai effectué un stage long dans un grand quotidien francophone libanais (L’Orient Le Jour). À Sciences Po Lyon, j’ai intégré la spécialité Journalisme, data et investigation, qui est en double diplôme avec le Centre de Formation des Journalistes (CFJ).
Lors de ce master, j’ai effectué mon alternance au sein du journal Libération, au service international. Après avoir été diplômée de Sciences Po Lyon et du CFJ, je me suis installée comme journaliste correspondante de Libération à Tbilissi en Géorgie. J’y ai couvert l’actualité de l’Arménie et de la Géorgie, ainsi que le conflit du Haut-Karabakh pour plusieurs médias francophones (Libération, Le Soir, La Tribune de Genève, Marianne, etc.). Deux ans plus tard, je me suis de nouveau installée en France et, en tant que journaliste pigiste, je partage mon temps entre mon travail au sein du service numérique de France 3, et des missions de reportage à l’étranger pour la presse nationale. En 2025, j’ai été lauréate du prix Louise Weiss du journalisme européen pour mon travail en Géorgie.
Comment décririez-vous votre travail de journaliste
pigiste ?
Je suis actuellement journaliste pigiste, c’est-à-dire que je ne suis pas salariée à plein temps dans une rédaction mais salariée rémunérée à l’article et à la mission. Cela m’offre une réelle liberté dans mes choix de sujets de reportage et me permets de travailler pour plusieurs rédactions, mais d’un autre côté cela va de pair avec une fluctuation de revenus et une pression importante. Cela nécessite donc d’être très autonome et organisée dans sa manière de travailler. Mes missions consistent à faire un travail de veille et de recherche pour identifier un sujet, puis le “pitcher” à une rédaction, et une fois le sujet validé, me rendre sur le terrain pour réaliser mon reportage. Enfin, la dernière étape est l’écriture, la relecture avec la ou le rédacteur en chef, puis sa publication.
Pourquoi avoir choisi votre spécialité de 5A et comment ce choix a-t-il contribué à votre insertion professionnelle ?
J’ai choisi cette spécialité pour l’avantage du double diplôme, car je trouvais que les deux formations étaient très complémentaires. Un côté théorique avec Sciences Po Lyon qui apporte un bagage de culture générale et de capacité d’analyse qui me paraissent essentielles pour ce métier, et la formation axée sur la pratique offerte par le CFJ avec l’accès aux matériels et méthodes journalistiques, et un solide réseau de professionnels.
Dans le cadre de ce diplôme, j’ai pu faire mon alternance au sein de Libération ce qui a été très formateur et m’a permis d’obtenir ma carte de presse dès la deuxième année du master.
Quel conseil donneriez-vous à un étudiant ou une étudiante de Sciences Po Lyon et/ou de votre spécialité de 5A ?
Mon conseil est de ne pas se limiter aux enseignements du master, mais de profiter des études pour multiplier les expériences dans des rédactions avec des stages, pour s’ouvrir et se former un maximum. Je conseillerais également de bien se former aux différents médiums du métier, comme la vidéo, la prise de son, le montage. Car il est de plus en plus demandé aux journalistes d’être polyvalents, donc cela pourrait être un vrai plus pour leur insertion professionnelle.